Le cahier du café pédagogique n°3 (mardi 27 juin 2017)

2 Les facteurs de motivation

2.1 Le groupe pour motiver : la lettre polonaise

Les participants ont pu expérimenter la force du groupe dans cette activité extraite de la thèse de Gérard JEAN-MONTCLER "La compétence à se situer“ : comment favoriser l’acquisition de compétences professionnelles chez des adultes en difficulté de réinsertion. Paris V - René Descartes - Sorbonne - 1994.

Une lettre en polonais (langue connue par aucun des participants), est proposé à la traduction. 

Après quelques minutes à essayer de traduire seul et en vain la lettre, les participants estiment leur niveau de traduction à 1/10 en moyenne.

Un petit lexique d'une dizaine de mot est ensuite distribué aux participants qui prennent encore quelques minutes pour essayer de traduire encore seul la lettre. Là encore, en vain, à part les mots reconnus du lexique, les participants estiment leur niveau de traduction à 2/10 en moyenne.

Les participants sont ensuite mis en groupe. Un quart d'heure plus tard, la lettre est traduite en grande partie. Les participants ont estimé leur niveau de traduction à 7/10 en moyenne. Leur traduction est ensuite confrontée à la traduction réelle de la lettre, et leur traduction est effectivement très approchante.

Il leur est demandé ensuite de réfléchir à ce qui s'est passé lors de la phase en groupe. Il s'est passé des choses comme :

- un participant a dit quelque chose, et ça a fait "tilt" ("mais oui, c'est bien sûr !'")

- des idées inconscientes ont émergées en entendant un autre participant le dire à autre voix

- en expliquant ou en entendant l'explication de quelqu'un d'autre, des idées ont émergées

- il y a eu plusieurs temps où une personne différente a été amenée à prendre le leadership, argumenter, défendre son point de vue

- il y a eu des mauvaises pistes mais qui se sont auto-corrigées par le groupe

...



La phase individuelle a néanmoins été nécessaire avant le travail de groupe, pour s'imprégner du sujet, pour trouver des idées sans être influencé par le groupe.

Il y a eu effectivement plus de temps en groupe qu'en phase individuelle, on peut arguer qu'au fur et à mesure, chacun a pu s'imprégner de plus en plus du sujet. Mais...

- aurait on pu construire autant tout seul ?

- et surtout, puisqu'il est question de motivation, aurait on pu rester aussi motivé par le problème pendant autant de temps tout seul ?